La bete humaine chap 12

Situation : roman du rail et du crime.
Jacques et sa machine, la Lison, ne font qu’un. C’est seulement au commande de la Lison qu’il retrouve la paix de son mal héréditaire. Depuis qu’il est devenu l’amant de Séverine, pour la première fois, il peut aimer une femme sans avoir envie de la tuer. Leur relation semble au beau fixe. C’est alors que la Lison, elle, semble atteinte, elle est prisedans une redoutable tempête de neige.

I ) La lutte de la machine

A ) Les forces en présence

a) Les hommes
Ils sont à peine évoqués dans ce passage. D’abord, ils sont désignés par le pronom indéfini.
l.2 : « on avait, par précaution »
Puis de la ligne 10 à 12, on a l’intervention de Pecqueux le chauffeur et du mécanicien Jacques. On voit Jacques très vigilant et énergétique.
l.10 :« la main volontaire du mécanicien »
l.11 : « d’un geste, celui-ci avait ouvert la porte du foyer »
Il est efficace dans ces mouvements. Il est très inquiet par la tempête et protège Séverine qui est dans le train. Il est aussi inquiet car Pecqueux n’est pas en bonne forme.

b) La Lison
Toute la scène est centrée sur elle. Elle est le héros et le sujet de tout l’extrait. Elle ouvre les 2paragraphes (l.1 et 16).
Enfin, elle clôt l’extrait :
l.31 : « elle était immobile et morte »

c) L’adversaire : la neige
Il est doté d’une force redoutable. Jacques sait que ce passage va être difficile : il sait qu’il y a une tranchée remplie de neige.
l.6 : « elle approchait de la tranchée »
La Lison avançait et dominait tout mais, là, ça va être l’échec.

B ) Les phases de lalutte
· l.16 : « il lui fallut entrer dans la tranchée ». L’entrée est montrée comme une fatalité.
· l.20 : ralentissement. La distance est chiffrée : « Une cinquantaine de mètres » (l.20-21).
· l.25 : « dernier coup de reins, elle se délivra ». Mais cette victoire est trompeuse. Tout va en decrescendo.
« 30 mètres » (l.26)
Cela montre l’agonie de la Lison : « c’était la fin, la secoussede l’agonie »
(l.26-27).
· l.30 : « La Lison s’arrête définitivement ». Elle a lutté contre l’obstacle : elle est courageuse et héroïque.

C ) Les phases de la lutte
A travers la lutte de la Lison, Zola nous montre une création humaine qui se heurte à l’hostilité de la nature. La neige, en apparence inoffensive, « la neige dormait » (l.19), va réduire à l’impuissance l’énorme machinequ’est la locomotive. Elle souille la pureté de la nature et sa virginité.
l.23 : « le flot révolté » : révolte de la nature
l.13-15 : « c’était un panache de fumée noire, épaisse, qui salissait le grand frisson pâle du ciel ».

II ) ce qui, dans la scène, dépasse la dimension réaliste
Il nous montre une vision réelle mais transfigurée, dépassant la vision de la réalité.

A ) Déformation dela réalité

a) Personnification de la Lison
La locomotive a un prénom féminin : la Lison. Elle est donc personnifiée, car elle est très importante pour Jacques qui entretient des relations. Elle est désignée par des termes qui s’appliquent à un être vivant : « le souffle » (l.7) ; « le coup de rein » (l.25) ; « l’haleine » (l.21) ; « l’agonie » (l.27)
On a la comparaison avec un animal : «se cabrait » (l.9)
Il la compare à un monstre : « le cyclope » (l.5)
A 2 moments, il se réfère à son signe distinctif l’œil unique : « l’œil » (l.5) ; « cet œil largement ouvert » (l.6)
On voit bien comment Zola transforme la réalité : progressivement, il passe de la comparaison « comme un œil » à cet œil.
Les feux avants représentent les yeux humains.

b) Les images de la neige
Laneige est associée à des images aquatiques. On le voit à travers des champs lexicaux : « noyés » (l.17) ; « torrent » (l.19) ; « bouillonnait » (l.23), « engloutir » (l.24)
Certaines images évoquent une grande masse d’eau, presque un déluge : « les talus étaient noyés » (l.17) ; « à pleins bords » (l.19)
D’autres images vont nous montrer cette masse d’eau en mouvement : « bouillonnait et…