La musique du xviiie siècle et ses changements

La musique du XVIIIe siècle et ses changements.

1. Une place importante dans la vie culturelle :

A la mort de Bach en 1750, la musique est de plus en plus composée comme un art à part, ayant une esthétique et culture unique. C’est durant cette époque que l’on va aussi s’apercevoir que la musique est un phénomène d’importance sociale et où les débuts de la critique musicale est un évènementessentiel de cette nouvelle conception. Effectivement, on remarque dans des ouvrages sur la musique, des comparaisons, des polémiques et des querelles concernant des sujets de caractère général comme par exemple sur des questions d’harmonie et de mélodie, des jugements portés sur une œuvre musicale particulière ou sur l’art d’un compositeur commencent à être exprimés un peu partout. On peut lireles premières critiques à Londres, dans les journaux The Spectator et The Guardian, puis aussi à Paris, dans le Mercure galant. Le musicien allemand, John Mattheson est influencé par cela et rédige lui aussi des critiques, comme sa revue Critica Musica. En effet, ses écrits et ceux d’autres auteurs sous de nombreux périodiques, dictionnaires, ouvrages biographiques traités d’interprétation, placentalors l’Allemagne au premier rang en matière de littérature musicale. Les foyers principaux se trouvent tout d’abord dans les grandes villes de Hambourg et Leipzig, et avec l’accession de Frédéric le Grand au trône de Prusse en 1740, Berlin prend de plus en plus d’importance. Ainsi la cour passe immédiatement commande d’un nouvel Opéra et Carl Heinrich Graun, le Kapellmeister de la cour (personnechargée de composer de la musique) est envoyé en Italie pour recruter de nouveaux chanteurs. Ainsi, le nouveau climat intellectuel et philosophique crée par Frédéric fait de Berlin, le plus important centre de critiques et de théories musicales en Allemagne, grâce surtout aux travaux publiés par Marpug, ami de Voltaire. La musique passe donc en quelque sorte de la position d’un ornementsecondaire dans la vie de l’élite sociale et d’un instrument du culte, de la fête et du cérémonial, au statut d’un élément important de la vie culturelle. De plus, la naissance et le développement de l’opéra vont contribuer à des contacts plus suivis entre musiciens et poètes, ainsi qu’à une conception plus humaniste de la musique. Le musicien commence alors à être traité de moins en moins comme un artisance qui contribue aussi au changement et à l’amélioration de sa situation et de sa considération sociale. C’est pourquoi nous allons aborder la deuxième partie sur la formation d’un public bourgeois.

2. Un public bourgeois :

Au XVIIIème siècle, parallèlement à la vie musicale de la cour et aux salons aristocratiques, se développe une nouvelle vie musicale dans la bourgeoisie, classe socialequi jouit alors d’une prospérité économique considérable. Malgré la présence des plus grands compositeurs comme Haendel en Angleterre et Bach en Allemagne, qui donnent du prestige à la musique de cour, l’art monarchique connaît sa décadence à partir de 1750. En effet, le musicien n’est plus vu comme un artisan mais plus comme un artiste, ainsi le rôle et la fonction du mécénat commencent àdécliner. Les compositeurs n’ont plus systématiquement recours à la dédicace pour obtenir des aides financières de la part d’un mécène, ils écrivent beaucoup moins exclusivement pour des résidences princières ou aristocratiques et s’adressent plus à des amateurs et connaisseurs, ainsi ils dépendent de moins en moins de nobles patrons. Le sort du musicien et de son œuvre sont décidés de plus en plusdirectement aux concerts publics. La fréquence des concerts et des représentations d’opéras grandissent avec la croissance des champs de diffusion musicale. Ce nouveau facteur social qui est l’édition musicale, offre au compositeur une situation économique plus indépendante que celle relevant du service de l’aristocratie. La mobilité de la profession musicale devient donc plus importante. De plus, la…