Projet mémoire deass théâtre forum

(Juin 2O1O)
PROJET DE MEMOIRE
ASSISTANT DE SERVICE SOCIAL

1) Du terrain aux questionnements :

Au cours de mes stages, je n’ai pas eu l’occasion de mener ou de participer à des actions collectives. Pourtant, au regard de certaines situations j’ai regretté leur absence pressentant qu’elles auraient pu constituer des appuis quand l’accompagnement individuel ne suffit pas.
Ainsi, au coursde mon stage au CHU en service d’addictologie, j’ai constaté que parmi les patients souffrant d’alcoolisme, les rechutes sont très fréquentes. Je me suis alors demandée comment travailler autour du maintien de l’abstinence.
Il existe au CHU des consultations en ambulatoire pour soutenir individuellement les patients en amont et en aval de leur sevrage mais, si l’on cherche l’appui d’un groupe, ilfaut se tourner vers des associations néphalistes dont beaucoup ne veulent plus entendre parler. Après avoir discuté avec plusieurs patients, des infirmiers et médecins addictologues, il est apparu que c’est généralement la prise du premier verre qui entraine la rechute. L’idée aurait donc été de travailler collectivement autour de stratégies permettant d’éviter ce risque. Pour cela, je pensequ’il aurait fallu que les patients puissent échanger entre eux sur leurs expériences, leurs appréhensions. En effet, il n’y a pas de temps particulier posé pour cela dans le service, les ateliers se faisant en groupe étant basés sur une production (ex : manipulation de terre, confection d’un objet…) ou un apprentissage (ex : faire des cocktails sans alcool) individuel laissant peu de place àl’échange entre paires. Ce type d’échange a pourtant fait ses preuves auprès de membres d’associations d’anciens buveurs. Au cours de mon stage, j’ai participé à une réunion des Alcooliques Anonymes et ai pu constater combien la force du groupe peut sécuriser le nouvel arrivant et entendre comme ca a pu aider des alcooliques abstinents depuis des années. Mais, ces types d’associations peuvent êtrerébarbatives pour certains: beaucoup sont centrées autour de la croyance en Dieu, de préceptes qu’on vous enjoint de respecter… Au cours des entretiens que j’ai pu mener ou auxquels j’ai assisté, plusieurs patients se sont plaints du manque d’activité commune, de liens entre les personnes hospitalisées dans le service (les sevrages durent d’une à deux semaines). Nombreux aussi ont été ceux qui nous ont ditse sentir en marge de la société ou ne pas réussir à trouver leur place dans leur environnement habituel que ce soit lié à leur prise d’alcool ou non.
Une fois ces constats faits, je me suis demandé ce qu’il était possible de faire en tant qu’assistante sociale. J’avais devant moi un public hétérogène d’un point de vue socio-culturel, souffrant tous du même problème : une addiction à l’alcool,avec la même crainte de la rechute et un besoin de créer des liens, de se sentir soutenu, de (re)trouver l’estime de soi et sa place dans la société. Comment faire donc pour créer des liens sans laisser quelqu’un de côté, permettre l’échange d’expérience, la réflexion autour de stratégies visant à éviter la rechute et une réflexion plus générale sur la place qu’on occupe dans la société ?Existe-t-il des outils que pourrait utiliser le travailleur social ?
D’autres situations m’ont interpellée. Ainsi, lors de mon premier stage dans différents Centres Médico Sociaux de Rouen et son agglomération, un problème s’est posé à plusieurs reprises : comment communiquer avec des personnes dont on ne connaît pas la langue et qui ne connaissent pas la nôtre ni aucune autre langue avec laquelle nouspourrions converser ? Quel accompagnement est possible quand il est déjà difficile de recueillir des données ? Comment travailler avec des personnes que l’on ne comprend pas et inversement ? Quelles possibilités s’offrent à nous ? Outre le fait de répondre à la première demande la plupart du temps financière et d’orienter vers des associations d’alphabétisation, on ne peut pas ne pas…