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La lutte contre la pauvreté

D’après l’article L115-1, La lutte contre la pauvreté et les exclusions est un impératif national fondé sur le respect de l’égale dignité de tous les êtres humains et une priorité de l’ensemble des politiques publiques de la nation.
Elle tend à garantir sur l’ensemble du territoire l’accès effectif de tous aux droits fondamentaux dans les domaines de l’emploi, dulogement, de la protection de la santé, de la justice, de l’éducation, de la formation et de la culture, de la protection de la famille et de l’enfance.
L’Etat, les collectivités territoriales, les établissements publics dont les centres communaux et intercommunaux d’action sociale, les organismes de sécurité sociale ainsi que les institutions sociales et médico-sociales poursuivent une politiquedestinée à connaître, à prévenir et à supprimer toutes les situations pouvant engendrer la pauvreté et les exclusions.
Ils prennent les dispositions nécessaires pour informer chacun de la nature et de l’étendue de ses droits et pour l’aider, éventuellement par un accompagnement personnalisé, à accomplir les démarches administratives ou sociales nécessaires à leur mise en oeuvre dans les délaisles plus rapides.

Un million de demandeurs d’emploi devraient perdre leurs droits à l’assurance-chômage en 2010, a annoncé Pôle emploi. Or, seuls 38 % de ces « fins de droits » pourraient bénéficier de la solidarité nationale, via l’allocation spécifique de solidarité (ASS) et le revenu de solidarité active (RSA). Près de 600 000 chômeurs ne devraient donc pas trouver auprès des structurespubliques de solution à leur sort, entraînant un accroissement inéluctable de la pauvreté dans notre pays.
En outre, de nombreux indicateurs de pauvreté sont au rouge depuis plusieurs mois. Surendettement des ménages, difficultés d’accès au logement pour nombre de Français, particulièrement parmi la population jeune, accroissement de la part des travailleurs pauvres et des contrats précaires, nombreuxsont les signes d’un creusement des inégalités de plus en plus tangible. Le double salaire touché par Henri Proglio, à la fois PDG d’EDF et président du conseil d’administration de Veolia, relance la polémique sur les salaires exorbitants des grands patrons, alors que de nombreux Français luttent contre leur propre précarisation.

La lutte contre la pauvreté constitue un élément majeur despolitiques d’insertion. Jadis politique d’assistance, la lutte contre la pauvreté s’est transformée en lutte contre l’exclusion. Il ne s’agit plus de préserver la société contre les conséquences redoutées de la pauvreté mais de garantir des droits aux individus touchés par la pauvreté.

La pauvreté, un phénomène multiforme
Dès les premiers chocs pétroliers, l’expression « nouveaux pauvres » apparaît etsignifie une remise en cause radicale du discours des Trente Glorieuses selon lequel les 30 années de croissance annonçaient la fin de l’aide sociale par l’intégration de tous les citoyens dans les systèmes de plus en plus larges et de plus en plus sophistiqués de la sécurité sociale. L’installation de chômage de masse fait naître des situations inédites de pauvreté.
En 1984, les Etats européenss’entendent sur une définition de la pauvreté : sont pauvres « les personnes dont les ressources (matérielles, culturelles et sociales) sont si faibles qu’elles sont exclues des modes de vie minimaux acceptables dans l’État membre où elles vivent ». La pauvreté est ainsi envisagée d’une façon beaucoup plus large que la seule évaluation du revenu monétaire.
En France, la pauvreté monétaire estévaluée d’un point de vue relatif en mesurant les inégalités. La pauvreté est définie par un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian, le niveau de vie étant lui-même calculé en divisant le revenu disponible d’un ménage par le nombre d’unités de consommation qui le compose. En 2006, le niveau de vie médian, qui partage la population en deux parties égales, est évalué par l’Insee à 17…